Raid H-D Kilimanjaro 2011-

TANZANIE - KENYA - ZANZIBAR

 

Jour 1 - 13 février 2011

 

Départ vers Paris, car, avant de rouler en Afrique, il faut se farcir le TGV.  Pas vraiment ma tasse de thé, mais ça me permet de retrouver à Roissy mon cousin québécois (en fait, ce n'est pas mon cousin, mais on porte le même nom) et on peut commenter les mauvaises nouvelles. Car LA mauvaise nouvelle, c'est que les motos envoyées en Tanzanie depuis début Décembre ne sont toujours pas arrivées à Dar Es Salaam.

Avertissement : les lignes qui suivent n'ont pas la prétention
d'être un reportage, mais sont un simple compte-rendu
de voyage, et les impressions ou opinions émises sont
les miennes, et uniquement les miennes.
Hanspeterg
Dans les starting-block le 7 décembre. Jour 2  
 

12 heures de voyage pour arriver à Dar Es Salaam. Il a fallu se lever tôt, et bien entendu, les motos ne sont toujours pas là. JMC dit « le Général », l'organisateur de notre voyage, n'avait jamais connu pareille tuile en 30 raids organisés en Afrique ou autour de la Méditerranée.

  Jour 3 : Dar Es Salaam - Lushoto  

C'est le véritable départ, mais manque de bol, on le fait en car. Comble de malheur, il y a 6 HD locales qui roulent avec nous, et tout au long de la journée on baigne dans leur bruit, ce qui nous rend encore plus amère l'absence de nos motos. Je ne sais pas pour vous, mais moi, j'ai pour l'autocar la même aversion que pour le train. Autant dire que je n'ai trouvé aucun plaisir dans ces 10 heures. A part l'achat de mangues vertes, qui m'ont rappelé mes 16 mois de coopération à Madagascar, quand j'étais jeune.

La route pourrait être agréable, ça monte, ça tourne, c'est montagneux, mais on la fait en car. Un car prétendument neuf ! La définition du mot « neuf » n'est pas la même en Tanzanie qu'en France.
A noter : il y a des dizaines de 125 cc, toutes plus rutilantes les unes que les autres, et dans ces coins reculés, elles servent de taxi.

Pour info, Lushoto avait été choisie pour être la capitale du Tanganyika, du temps de la colonisation allemande, car le climat est tempéré par l'altitude (1700 m), mais les Allemands ont perdu la guerre (de 14-18) et les Anglais ont récupéré ce territoire.
 
  Jour 4 : Lushoto - ArushA  

Encore 10 h de car, l'enfer !
On voit enfin le Kilimandjaro et son blanc manteau dans lequel, si on n'a pas de chance, on pourra dormir (les moins de 45 ans ne peuvent pas comprendre), et le comité d'accueil nous explique qu'on peut le gravir en 5 à 7 jours suivant la piste empruntée. Je le ferais volontiers, mais j'ai oublié mes chaussures de marche.
Curiosité : ils nous font goûter une bière artisanale faite à base de mil et de banane. C'est buvable, mais ça n'a qu'un rapport très lointain avec la Smithwicks, ma bière irlandaise préférée. Mais je suis bien content d'avoir goûté.
Non seulement le car est « neuf », mais son chauffeur loupe un ralentisseur, l'engin vole en l'air et 3 passagers du dernier rang sont blessés (leur tête cogne le plafond du car). Ambiance !
Et les motos ne sont toujours pas arrivées.

  Jour 5 : Arusha - Ngorongoro  

Arusha, ville de 1 000 000 d'habitants, connue aujourd'hui parce que c'est là que siège le tribunal international chargé de juger les responsables des évènements ayant eu lieu au Rwanda il y a une quinzaine d'années.
Le car, c'est fini. On part en 4X4 vers le cratère du Ngorongoro, parc national. Et là, enfin, ça change. On ne fait toujours pas de moto (mais on ne roule pas en bécane dans les parcs nationaux), mais on voit des animaux, des tas d'animaux. La liste est longue. Jugez plutôt : singes bleus , babouins , éléphants , gnous , gazelles (de Thomson et de Grant), phacochères , buffles , rhinocéros , autruches , ibis sacrés , cigognes , outardes , grues cendrées , marabouts , vautours , flamants roses , et demain il y en aura d'autres . Une merveille ! Quand je pense qu'il y a des crétins (ou des chasseurs, c'est synonyme) ! Heureusement que la chasse est interdite dans les parcs.
Et les motos ne sont toujours pas arrivées. C'est sûr, si elles ne sont pas là demain, je donne le Général à bouffer aux lions ou aux hyènes.

  Jour 6 Norongoro - Serengeti  


On passe d'un parc national à l'autre et la magie continue (pardon pour le cliché). On voir d'autres bestioles  : girafes , hippopotames , guépard , lions (dont un en train de bouffer un gnou pendant que les lionnes attendent sagement leur tour et que les hyènes , plus loin ,se demandent s'il leur en restera un petit bout) , singes verts , impalas, dikdiks, léopards (dont un ayant monté dans un arbre l'antilope qu'il vient de tuer) , aigrettes , pintades (ça vit là-bas à l'état sauvage) . Côté végétation : un « sausage tree », dont les fruits en forme de saucisse sont appréciés des babouins.
A part ça, ma femme est malade, et, si nous avons bien un médecin avec nous, tout son matériel est dans le container, avec les motos. Heureusement que c'est un grand sorcier et que sa parole apaise !
Les motos sont arrivées en Tanzanie, tout est organisé pour les convoyer jusqu'à Arusha, mais le bruit court qu'il y aurait des problèmes de dédouanement.

  Jour 7 : Serengeti - ArushA  

Encore du 4X4, mais on le fait le cœur plus léger, car on va (peut-être, nous sommes devenus prudents) revoir nos chères bécanes.
Et le soir, double miracle : ma femme va mieux et on récupère les motos.

  Jour 8 : Arusha - Nairobi  

Enfin des km à moto, mais il y a des problèmes : la 1200 low de ma femme guidonne, de plus elle a perdu le levier du frein AV. Et la mienne (1200 custom), elle ne démarre plus qu'à la poussette.
Nous avons passé la frontière, nous sommes maintenant au Kenya, et nous sommes en plein dans la zone des Massaï, peuple d'éleveurs nomades vivant indifféremment dans l'un ou l'autre des deux pays. Leurs danses, faites de saut, sont spectaculaires.

  Jour 9 : Nairobi - Voi  

Le départ, le matin, est donné par le ministre kenyan du tourisme. La 1200 low de ma femme guidonne de plus en plus, sur une route pas terrible, et elle finit par casser son support de béquille en passant dans un trou. Manque de bol, nous n'en sommes qu'au 2ème jour de moto et il y a déjà 2 motos en panne, ce qui signifie qu'il n'y a plus de moto de secours et plus de place sur le camion de dépannage.
C'est Jean, le mécano, qui va continuer sur cette bécane, et il va falloir, jusqu'à la fin, sangler la béquille pour rouler et la dessangler pour stationner. Au bout d'un moment, on s'habitue.
L'altitude baisse et on revoit des baobabs, ainsi que, plus inattendu, des dromadaires.

     
  Jour 10 : Voi - Mombasa  

Jean a repris la 1200 low et il trouve la raison du guidonnage : les rayons de la roue AR sont desserrés, ce sera réparé dans l'après-midi.
A Mombasa, visite de Fort Jésus, fort construit au XVème siècle par les Portugais. Il sera pris plus tard par les Arabes venus d'Oman, après un siège de 2 ans et 9 mois. Les 1 600 Portugais seront vaincus par la famine et la peste. Les Omanais esclavagistes utiliseront ce fort pour leur ignoble commerce.
La vielle ville, avec des influences hindoues, arabes et anglaises, est pleine de charme et reste vivante, c.-à-d. qu'elle est pleine de vrais gens, pas des touristes.

     
  Jour 11 : Mombasa - Tanga  

On repasse en Tanzanie. Après la frontière, la piste, 55 km. Elle était prévue, attendue, espérée (?), mais très très dure, même pour les habitués des raids du Général (à propos de celui-là, depuis qu'on a retrouvé nos motos, je ne pense plus à le faire dévorer par les lions).

     
  Jour 12 : Tanga - Dar es Salaam  

Une étape de liaison, et comme on est au niveau de la mer, il fait chaud (40°). Le soir, madame la ministre du tourisme de Tanzanie nous remet des diplômes et des colifichets (superbe couverture massaï).

     
  Jour 13 : Dar es Salaam - BAGAMOYO et retour  
  A Bagamoyo, petit port sur l’océan, les Arabes se livraient au commerce suivant : ils arrivaient, allaient vers le lac Tanganyika (1500 km) chercher de l'ivoire et des peaux, ramenaient tout ça avec des porteurs, et une fois arrivés, réduisaient ces pauvres porteurs en esclavage puis les envoyaient au grand marché aux esclaves de Zanzibar, à une semaine de bateau de là. 1 500 000 esclaves sont passés par là.  


C'est aussi à Bagamoyo que se trouve la première mission catholique d'Afrique de l'est et c'est dans une chapelle de la ville qu'a été embaumé le corps de Livingstone (« doctor Livingstone, I presume») qui a œuvré entre autres pour l'abolition de l'esclavage (ça a quand même duré jusqu'en 1 907).
Remise des bécanes à l'entrepôt et Dar Es Salaam – Zanzibar. Voyage rapide (2 heures), visite de la ville, marché aux esclaves (on n'y échappe pas), marché aux épices, aux poissons, aux fruits.
1 000 000 personnes vivent sur les 2 iles principales. Zanzibar, après l'indépendance obtenue des Britanniques, a vécu seule jusqu'en 1 964, date à laquelle le TANganyika et ZANzibar ont fusionné pour former la Tanzanie. Le sultan de l'époque vit toujours en exil à Londres.
Forte influence d'un Islam rigoriste (on y voit des femmes entièrement voilées, ce qui est rarissime dans les autres régions musulmanes traversées durant ce raid).

     
  Jour 14 : Zanzibar - Dar es salaam  

Glandage au bord de la mer et/ou de la piscine, petit tour en voilier traditionnel (voile triangulaire des boutres, double balancier) et retour vers la grande ville, dans de petits monomoteurs sympathiques.
Et retour vers la France, pour un nouveau vol de 12 heures, de nuit.

     
  Jour 15 : 27 février 2011 - retour à la maison  
Retour à la maison, par ce TGV que j'affectionne tant et sieste de 14 heures ! Il faut croire qu'on avait accumulé un peu de fatigue. Ce n'est que le lendemain que nous pourrons rendre la traditionnelle visite de retour de voyage à notre voisin le restaurateur laotien.

 

CONCLUSION : un raid mal emmanché, se terminant heureusement mieux qu'il avait commencé, mais plus difficile que prévu, surtout pour les femmes. On a vu de superbes paysages, des milliards d'animaux sans jamais se lasser, mais a-t-on vraiment rencontré des Africains ? Je crains que non.

     

Album Tanzanie Photos ---> ICI

 

reportage Hanspeterg, mars 2011, photos : Anders Boisen
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